Plongée ou apnée ? Deux façons totalement différentes de voir le monde sous-marin

19 septembre 2016

Il y a entre la plongée sous-marine avec bouteilles et la plongée en apnée des différences fondamentales, une approche différente de l’exploration du monde sous-marin, et deux points communs :

  • ce sont deux sports très techniques, ou une erreur peut-être lourde de conséquences, voire mortelle
  • ce sont deux moyens très proches pour l’homme de se délivrer de sa pesanteur et de franchir la barrière d’un autre monde, à la fois proche, familier et étranger et hostile, selon la profondeur à laquelle il plonge

Et selon la pratique qu’on en a, les différences entre ces deux sports ne se situent pas au même niveau.

Apnée ou plongée : une question de matériel

Cette différence là est immédiate et visible. Le plongeur est chargé de bouteilles, comme un bernard-l’hermite qui transporte sa coquille, tandis que l’apnéiste est équipé au plus d’un tuba et d’un masque. C’est d’ailleurs ce tuba qui donne son nom à ce sport en anglais, le snorkeling, qu’on traduirait en mot-à-mot par « tubage ».

Sur fond bleu, plusieurs plongeurs en tuba

Groupe de plongeurs libres avançant en rang pour observer le fond

En dehors de cela, l’apnéiste sera, comme le plongeur, équipé de palmes (mais différentes de celles du plongeur) et d’une combinaison plus ou moins épaisse et longue selon la température extérieure. Par contre, à la différence du plongeur, dans les mers chaudes, il peut se contenter d’un maillot de bain.

Comme le plongeur, l’apnéiste va investir dans des équipements « accessoires » pour lui, alors qu’ils sont obligatoire pour son copain à bouteilles : en particulier la montre de plongée sous-marine. En pratique, un apnéiste qui ne va pas plus bas que cinq ou six mètres a simplement besoin d’une montre étanche.

Groupe de plongeurs avec bouteilles

Groupe de plongeurs à l’air

De plus, étant donné qu’il ne modifie pas la pression de l’air dans ses poumons par rapport à son environnement, il n’ pas besoin, comme le plongeur, de maîtriser autant sa vitesse de remontée et ses paliers.

Enfin, à la place des bouteilles, l’apnéiste peut-être équipé d’un matériel de chasse sous-marine, notamment d’un fusil-harpon, interdit au plongeur.

Aller profond en plongée ou en apnée

C’est certainement sur ce critère que les différenciations sont les plus floues.

Un homme en tuba se tient en haut d'un trou marin de 130m

Apnéiste en haut du « Blue Hole », en Mer Rouge

Le domaine de la plongée sous-marine est divisé en trois zones : celle accessible aux débutants, jusqu’à six mètres pour PADI, douze mètres pour la CMAS et la FFESSM, celle accessible aux plongeurs confirmés (respectivement vingt et quarante mètres) et la plongée profonde, jusqu’à trente ou soixante mètres. Au delà de ces limites, il faut abandonner la plongée à la bouteille « classique », passer sur des mélanges différents comme le trimix. Le plongeur non professionnel pourra aller jusqu’à des profondeurs de 100 mètres et plus, permettant par exemple l’exploration du très célèbre « Blue Hole » en Mer Rouge, qui descend jusqu’à 130 mètres.

Plongeur du de dos, le long d'une paroi

Plongée au Nitrox en Polynésie : très peu de bulles

Si les records du monde d’apnée tournent autour des 120 – 125 mètres, il existe des plongées plus profondes, récemment Guillaume Nery est descendu – involontairement – à 139 m. On est là dans le monde du Grand Bleu, des descentes le long d’un cable et d’une plongée très encadrée, certes, mais toujours sans aucun appareil ni apport d’oxygène.

Plus couramment, dans le monde entier, la pêche traditionnelle en apnée emmène des pêcheurs de perle ou de corail à des profondeurs de l’ordre de vingt à trente mètres, en tuba, que ce soit à Doha ou au Japon.

L’apnée, la plongée et le monde du silence

Celui qui a déjà plongé sait que le « Monde du silence » est étonnamment bruyant, rempli d’abord du son de sa propre respiration à travers le détendeur et des échappées de bulles, puis des coups sur les bouteilles que se donnent les plongeurs pour communiquer. Les poissons ne crient pas et les sons que les grands mammifères marins utilisent pour communiquer sont quasiment inaudibles pour les humains. Par contre, dans certaines zones, on entend les bruits de surface, particulièrement des moteurs des bateaux, qui se propagent très loin dans l’eau.

L’apnéiste, lui, ne dégage pas autant de bulles, il est beaucoup plus silencieux.

Des poissons autour d'un massif de corail

Le spot de la « Saddle » (selle) dans le Tour Bleu, en Mer Rouge

Mais là encore, la technologie change la donne. La plongée avec recycleur se fait avec un système de bouteilles particulier, qui recycle le carbone émis par le plongeur, récupère l’oxygène contenu dans ce dernier pour le réinjecter dans le système d’oxygénation. Si la plongée au recycleur permet d’abord une plus grande autonomie, elle a aussi l’avantage de mettre fin aux bulles et d’ouvrir ce « Monde du silence » aux plongeurs en bouteille.

C’est une plongée extrêmement technique, qui change toutes les habitudes du plongeur, en particulier celle de s’équilibrer avec l’air contenu dans les poumons (« poumon ballast »).

 

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