La petite reine a bien changé depuis son invention à Paris

Eh oui, l’accessoire essentiel, celui qui a transformé la draisienne allemande en vélo, nous avons nommé la pédale, a été inventé à Paris. En 1817, le baron Drais se trouve dans une position bien ridicule, assis à califourchon sur une étroite planche de bois qui relie deux roues, par leurs moyeux, il la fait avancer grâce à ses pieds.

Gravure d'époque

Course de draisiennes au Luxembourg : un loisir de riches bourgeois

Démarche en canard bien ridicule, mais extrêmement rapide pour l’époque : il dépasse les 14 kilomètres / heure, alors qu’un piéton bien aguerri n’en fait que cinq.

De la draisienne au VTT

Cette vitesse parait bien dérisoire par rapport aux 70 kms / heure des coureurs cyclistes ou même au record de Todd Reichert, de 137,93 kms / heure, mais à l’époque, elle était très importante. De plus, la draisienne était le seul moyen de locomotion terrestre ne faisait appel qu’à l’énergie humaine.

Des bicyclettes aux formes étranges

Il a fallu vingt ans de plus pour arriver à la bicyclette telle que nous la connaissons. Une fois la pédale ajoutée commence la recherche de la vitesse. Au lieu d’augmenter le couple, comme on le fera plus tard avec le dérailleur, on augmente directement la taille de la roue avant, pour qu’elle parcoure plus de distance à chaque rotation.

C’est le « Grand Bi » qui transforme les pratiquants du vélo en artistes de cirque, juchés à de grandes hauteurs….

Gravure d'époque montrant un groupe d'hommes en Grand Bi et une femme en tricycle, à la campagne

Promenade en Grand Bi. Madame bénéficie d’un tricycle aux roues plus petites, nettement plus sûr et confortable.

Rapidement abandonné pour des raisons de sécurité, le Grand Bi va disparaître, tandis que la bicyclette se transforme à nouveau, pour prendre sa forme quasi définitive dans les années 1880.

La bicyclette « de sécurité » ressemble beaucoup à notre vélo actuel.

Elle s’allège quand on pense à remplacer le cadre de bois par un cadre en tubes de métal (des fourreaux de sabre).

Michelin l’allège, la dote de pneus qui vont lui permettre de passer partout. Le vélo de course est né, et douze ans après, c’est le premier Tour de France, aujourd’hui encore une des courses de vélo les plus importantes.

Son succès est immense. Le vélo est déjà en train de se démocratiser, d’envahir les campagnes, le Tour de France le popularise plus encore. Le vélo n’est définitivement plus un loisir de riches oisifs, mais un moyen de locomotion bon marché qui va envahir la planète.

La liberté des « congés payés »

En 1963, avec les congés payés, la bicyclette devient un symbole de liberté pour ceux qui souhaitent partir en vacances. Largement adoptée, elle permet à ceux qui ne profitent pas des billets de train à prix réduit de partir en excursion.

Elle accompagne les campeurs, elle s’impose aussi en ville. Quatre ans plus tard, avec l’occupation allemande et le rationnement sur les carburants, elle devient un moyen de transport universel. Riches et pauvres pédalent de concert pour se déplacer et se hâter de rentrer avant le couvre-feu.

Une bicyclette devient quelque chose d’extrêmement précieux, que l’on rentre dans la cour de l’immeuble ou qu’on monte à bout de bras dans son appartement pour éviter de la perdre.

En 1949, Jacques Tati créé un film devenu un grand classique, « Jour de Fête« , où il joue le rôle d’un facteur distribuant le courrier envers et contre tout, accroché à sa bicyclette comme à son sac postal, à travers un village en fête dont les attractions lui causent bien du souci.

Moyen de transport dangereux ou écologique ?

Par contre, à Paris, la voiture à repris ses droits. Avec l’urbanisation moderne, le culte du tout automobile, rien n’est fait pour faciliter la vie aux cyclistes.

Quelques espaces leurs sont réservés, notamment dans les parcs qui forment la ceinture verte, et les enfants peuvent faire du vélo au Tuileries et au jardin du Luxembourg, mais se déplacer à vélo dans Paris est de moins en moins facile.

femme sur un vélo hollandais

Vélo hollandais avec son panier

Alors que le vélo a conquis les Pays-Bas et, dans une moindre mesure l’Allemagne, qu’il reste incontournable à la campagne et dans les villages, en ville, il devient une nuisance pour les automobiliste.

Le vélo hollandais devient un modèle de vélo urbain. Il n’est pas très léger, mais confortable.

Muni d’un panier à l’avant, d’un second à l’arrière ou d’un siège pour transporter un enfant, solide, un peu lourd, il « fait le job » et devient un classique que l’on s’arrache.

Après le choc pétrolier, la France a des idées pour économiser l’énergie, descendre la température des pièces en portant un pull, par exemple, par contre se déplacer à vélo en ville n’est même pas envisagé !

Pour plus de vélo dans la ville

Des années 80 à 2007 vont être celles de la lente reconquête de l’espace urbain par les cyclistes. Peu à peu, la vision du cadre qui arrive au travail à vélo devient moins incongrue, même des ministres l’utilisent ! Le vélo comme moyen de transport parisien garde encore une image un peu bobo, pourtant, en 2007 commence une aventure qui va faire de Paris une des villes du vélo.

Alignement de velibs en attente de location

Le spectacle des vélibs gris, alignés à la station, est devenu aussi familier que les colonnes Morris

C’est en effet la mise en place du système Vélib, des vélos municipaux que l’on peut louer à une station dans la ville et remettre dans une autre, s’affranchissant ainsi de tous les problèmes logistiques de parking, de retour sous la pluie quand le temps a changé…

Le Vélib parisien est l’héritier de plusieurs systèmes du même type. Bien évidemment, le premier est mis en place en Hollande, en 1965 à Amsterdam. En France, Michel Crépeau, le maire radical de gauche et écologiste de la Rochelle, met en place les vélos jaunes en 1974.

Station avec un seul vélib

…pourtant il est parfois difficile de trouver un vélib, et certaines stations sont régulièrement vides.

Depuis qu’il a été étendue à des communes limitrophes, le Vélib parisien comprend environ vingt mille vélos, et plus de mille deux cent stations, ce qui en fait un des systèmes les plus importants.

Reste que la conduite à vélo à Paris n’est pas de tout repos. Malgré le développement de nombreuses voies cyclables, les voies pour vélo sont souvent confondues avec les couloirs d’autobus, ou envahies par les voitures.

Sport

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