Comment communiquer en voyage ? (Quand on ne parle pas la langue du pays)

14 octobre 2016

Selon le site de l’Ethnologue, il existerait exactement 7.097 langues différentes dans le monde – voire plutôt 8000 selon d’autres sources.

Admettons que vous embarquiez pour un tour du monde d’ici quelques semaines et que, bien entendu, vous n’avez ni le temps ni la capacité cognitive d’apprendre les langues de tous les pays que vous traverserez, ni d’emporter avec vous une agence de traduction… Comment allez-vous vous débrouiller en Mongolie, en Tasmanie ou en Ouzbékistan si vous ne parlez aucune langue à part celle de Molière et baragouinez à peine quelques mots d’anglais ? Pas de panique, nous vous proposons plusieurs solutions.

Les outils technologiques

La technologie recèle de trucs et astuces particulièrement pratiques pour aider les backpackers du 21ième siècle à tirer profit de leur voyage au maximum.

Deux backpackers de dos au premier plan devant l'immense plage de Byron Bay en Australie

Sans voix devant le paysage grandiose de Byron Bay, ces deux backpackers vont bientôt devoir communiquer… dans quelle langue ?
Photo sous licence CC BY SA par Taki Lau

Par exemple, avez-vous déjà entendu parler de cette application qui utilise la caméra de votre smartphone pour traduire instantanément les écriteaux, les menus, les titres des journaux, etc. ? Il vous suffit de pointer votre téléphone portable vers le terme dans la langue inconnue et l’application Word Lens de Google Translate se charge du reste.

Cette technologie de réalité augmentée, disponible dans l’AppStore et Google Play, est entièrement gratuite et ne requiert pas d’accès à Internet. Cette application, qui vous permettra de traduire 29 langues, est certes efficace mais, comme vous vous en douterez, comporte également ses failles, puisqu’elle se base sur une traduction fournie automatiquement.

Femme portant the Pilot en rouge, devant un paysage de New York

Disponible en trois couleurs, the Pilot, de Waverly Labs, se porte au creux de l’oreille… comme une star de télé !

Plus ingénieuse encore, l’oreillette The Pilot de Waverly Labs est un tout petit dispositif qui se place au creux de l’oreille et interprète les paroles de votre interlocuteur dans la langue de votre choix – parmi l’anglais, le français, l’espagnol, le portugais et l’italien dans un premier temps – grâce à la technologie de reconnaissance vocale.

Cependant, il existe plusieurs ombres au tableau. Tout d’abord, il vous faudra être patient si vous souhaitez devenir l’heureux propriétaire d’une oreillette The Pilot puisque celle-ci ne sera commercialisée qu’à partir de mai 2017 et les préventes sont déjà épuisées.

En outre, il vous faudra débourser près de 270 € pour acquérir le package comprenant une paire d’oreillettes, des adaptateurs pour leur taille, un chargeur et l’application pour smartphone.

Enfin, son efficacité reste à tester puisque, comme l’affirment ses créateurs :

aucune traduction automatique n’est parfaite, The Pilot commettra des erreurs, mais plus les gens l’utiliseront, plus sa capacité de traduction sera performante.

Souvenez-vous donc de toujours vous méfier du résultat de la traduction automatique.

Enfin, vous pouvez toujours vous tourner vers des applications de traduction automatique plus traditionnelles, qui restent des valeurs sûres : les versions smartphone des dictionnaires bilingues, comme celui de Word Reference, ou le corpus de traduction Linguee, qui propose un dictionnaire téléchargeable utilisable hors ligne très performant.

Nous pouvons également mentionner iTranslate, une application plus novatrice et prometteuse, à mi-chemin entre Google Translate et The Pilot, qui se sert du système de reconnaissance vocale pour retranscrire des paroles et les traduire dans 90 langues différentes, toujours grâce à l’utilisation d’un traducteur automatique.

Pour les langues les plus prisées, vous aurez la possibilité de télécharger des dictionnaires complets à utiliser hors connexion.

Les supports papier

Echange entre police afghane et armée américaine.

Certaines discussions demandent une exactitude dans la traduction ! Pas question de chercher dans un guide !
Photo sous licence CC BY Afghanistan Matters

La technologie fait des miracles, mais n’oublions pas les vieilles méthodes ! Comment faisaient nos parents quand ils voyageaient ? Les dictionnaires, même de poche, sont volumineux et ne proposent que des traductions immédiates, or, nous savons tous que la communication multilingue va bien au-delà du mot et de sa traduction.

Cependant, la plupart des guides de voyages comme Le Petit Futé ou le Lonely Planet proposent un bref lexique des mots à connaître pour s’en sortir dans le métro ou au restaurant.

Si vous avez l’intention d’approfondir encore un peu vos relations avec les locaux, nous vous conseillons de vous procurer un mini guide de la langue proposé, entre autres, par Harrap’s pour moins de 10€.

Néanmoins, c’est Le Routard qui – selon nous – remporte la palme du livre le plus pratique : le g’palémo, un bouquin composé presque exclusivement de pictogrammes pour décrire tous vos besoins et requêtes grâce à des illustrations sur les moyens de transports, la nourriture, le logement,…

Le body language

En parlant de pictogrammes, vous aurez certainement entendu parler d’un vêtement qui fait le buzz sur la toile ces derniers temps : l’IconSpeak. Il s’agit d’un tee-shirt conçu par des Suisses arborant 40 pictogrammes utiles au voyageur de tous les jours. L’invention est à présent déclinée en versions pull, singlet, shopper bag ou coque pour smartphone et vous coûtera entre 20 et 40 €.

Homme demandant une chambre d'hôtel en montrant son Tshirt

Demander où on peut dormir avec son Tshirt ! (Attention à en avoir de rechange…)

Enfin, si vous ne possédez rien de tout cela, il vous restera toujours votre corps. Ce qu’on appelle le body language est une façon de communiquer bien plus profonde et intense que la parole. Avec les gestes, le sourire, l’intonation, vous pouvez transmettre une infinité d’émotions, tisser des liens et, encore mieux, vous plonger au plus profond de la culture locale.

Dessinez, mimez, chantez, utilisez votre imagination pour partager des moments forts sans recourir aux mots.

Mais attention, les signes que l’on émet via son corps peuvent être diamétralement opposés d’une civilisation à l’autre et peuvent même induire en erreur. Par exemple, en Grèce et en Bulgarie, hocher la tête est symbole de désapprobation ou de refus et ne croisez surtout pas les jambes si vous vous trouvez au Moyen-Orient car, en exposant la semelle de votre chaussure, vous risqueriez de manquer de respect à votre interlocuteur.

Marocain portant un cheche blanc qui lui couvre le bas du visage

En Afrique du Nord, les Amazighs (berbères) se dissimulent souvent la bouche avec le chèche, dissimulant une partie de leur visage. Cela rend la communication difficile pour nous.

Et, par exemple, comment bien communiquer quand le visage est caché, alors que 90% de l’échange passe par le non verbal ?

C’est le second niveau de la communication en voyage… un prochain article !

Langues et linguistique

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